Orsu Ghjuvanni Caporossi

Cronica di A CORSICA

























4 ou 6:

La Corse devient province autonome de Rome sous le règne d'AUGUSTE. Elle est ainsi détachée de la Sardaigne.

6:

Aleria devient le siège du procurateur impérial qui administre la Corse.

9:

AUGUSTE base à Aleria et à Mariana la Flotte de Misène chargée de défendre les côtes de la Méditerranée Orientale (voir 9 avant notre Ere).
Aleria devient Colonia Veneria (ou Valeria) Iulia Pacensis Restitua Tertianorum; AUGUSTE et ses petits-fils en sont les Praeses (voir 46 et 9 avant notre Ere).

27:

Après la mort d'AUGUSTE, la Corse retrouve le sort commun des provinces de l'Empire Romain. Elle est dominée par des maîtres qui l'administrent en cumulant tous les pouvoirs, civils et militaires, appuyés ou soutenus par les cohortes d'infanterie et de cavalerie romaines.
Il n'y a plus (ou peu) de légions romaines en Corse.
L'organisation impériale, l'introduction du Christianisme et de l'Evangile, vont modifier la mentalité originale des Corses, leur manière de penser, de sentir et d'agir, sans toutefois bouleverser leurs mœurs ou leurs traditions ancestrales.
Les Corses semblent alors accepter cette Pax Romana. La latinisation du pays va transformer leur langue, qui est barbare et incompréhensible aux dires de SENEQUE (4 avant notre Ere,65).

41:

Mise en exil sur l'Ile, à Luri, dans le Capicorsu, de LUCIUS ANNAEUS SENECA (dit SENEQUE), par l'empereur CALIGULA (37,41) ou CLAUDE (41,54), pour avoir entretenu des relations coupables avec JULIE (ou LAVILLA), nièce de CLAUDE (ou sœur de CALIGULA ?).
Dans son exil en Corse, SENEQUE remarque de nombreux cours d’eau poissonneux dans l’Ile, et son manque de port naturel.
Après l’assassinat de l'empereur CALIGULA, la Flotte de Misène basée à Aleria, se rallie à l'empereur CLAUDE et permet à celui-ci d’accéder au trône, d’où la dédicace que l’on attribue à ce dernier, inscrite à la base d’une statue à Meria.

42 ou 46:

L’historien BARONIUS affirme que l'apôtre PIERRE envoie des missionnaires prêcher l'Evangile dans la péninsule italique et dans les îles de sa périphérie occidentale, dont la Corse.
L'apôtre PAUL débarque en Corse, avant de se rendre en Espagne; il est considéré comme le fondateur des Eglises corse et sarde.

48:

L'empereur CLAUDE chasse les Chrétiens de Rome. Quelques-uns uns se réfugient en Corse.

49 ou 51:

Fin de l'exil forcé de SENEQUE sur l'Ile de Corse (voir 41).

54:

LUCIUS JULIUS LONGINIUS est le procurateur de la Corse.

58:

VISPARIUS LOENAS, le successeur de LUCIUS JULIUS LONGINIUS, exploite tellement les habitants de l'Ile que NERON, l’empereur romain (54,68), le fait rappeler à Rome.

59:

Création du diocèse d’Aleria, soit par un émissaire de PIERRE, soit par un disciple de PAUL (voir 42).

64:

Les premiers Chrétiens, persécutés à Rome dès l’arrivée de NERON, lequel incendie sa capitale et fait retomber sur eux la catastrophe, peuvent venir trouver refuge en Corse, soit par Aleria où l’arsenal avec ses entrepôts occupe un bon hectare, soit par Aiacciu, le bon port, ainsi nommé en raison des qualités de son mouillage, soit par Sagone. Mais, étant donné leur clandestinité, la plupart débarquent en cachette dans le Capicorsu.

69:

Pendant les guerres civiles consécutives à la mort de NERON, le triérarque CLAUDIUS PYRRICHUS, chef de la Flotte de Misène basée à Aleria, et tous ses capitaines, se rallient à l'empereur légitime MARCUS SALVIUS OTHO, dit OTHON (32,69). Le procurateur romain d’Aleria, DECUMUS PACARIUS, partisan de l'empereur romain dissident AULUS VITELLIUS (15,69), le fait assassiner. Il tente de rallier la Corse à l'empereur romain dissident AULUS VITELLIUS contre l'empereur légitime OTHON. Il échoue, est fait prisonnier, et est assassiné par les habitants romains d'Aleria, les Alerini.

71:

PUBLIUS MEMORALIS est le procurateur de la Corse.
BASEL (ou BASILEUS), fils de TURBEL, originaire de Guernesey, après avoir servi dans la Flotte de Misène, s'établit comme colon dans la région d'Algaiola, où il sera enterré.

72:

OTALICIUM SUGITTA est le procurateur de la Corse.

73:

CLAUDIUS CLEMENS est le procurateur de la Corse.

75:

En raison de leur fidélité à Rome, l’empereur VESPASIEN (69,79), en signe de remerciement, confirme aux Vanacini, (tribu établie dans le Capicorsu et le nord de l’Ile) les privilèges accordés par AUGUSTE (voir 24 ou 27 avant notre Ere).
VESPASIEN accorde la citoyenneté romaine à des vétérans corses de la Flotte de Misène.

91:

Sous l’empereur DOMITIEN (81,96), le Romain METIUS POMUSIANUS, détenu prisonnier en Corse, est mis à mort.

96:

Le pouvoir local en Corse et les administrations régionales tempèrent l'autorité absolue de Rome.

107:

Sous l’empereur romain TRAJAN (98,117), un diplôme cite la première cohorte des Corses, citoyens romains.

117:

Sous l’empereur romain HADRIEN (117,138), les provinces sont restituées au Sénat. La maison praesidiale (celle du Gouverneur) est à Aleria.

123:

Escale en Corse de l’empereur romain HADRIEN.

129:

NUMISIUS NOMASIUS, fils de SAIONIS (ou CAINENIS) VINACENUS, probablement un enrôlé chez les Vanacini du Capicorsu, (voir 27 avant notre Ere) est enterré près de Crémone, en Italie.

139:

Sous l’empereur romain ANTONIN le Pieux (138,161), l'Ile est florissante.
Les Romains construisent l’Itinéraire dit d’ANTONIN: une route qui conduit de Mariana à Palae (Bunifaziu ou Porti Vechju ?), en passant par Aleria, Favone...
L'Itinéraire d'ANTONIN donne des distances entre certaines localités de Corse, distances dont le total ne recouvre pas exactement les détails.
Des médecins praticiens venus de Rome, les Asclépiades, s’installent en Corse.

140:

La vie sociale et économique se développe sur les régions côtières principalement.

150:

PTOLEMEE (90,168), le cartographe grec, dresse une description très détaillée de la Corse avant l’arrivée des Romains. Il cite et localise 12 peuples (ou tribus) et 32 villes ou ports. Les 12 tribus sont (en Grec et en Latin): les Kerouinoi (ou Cervini, en Balagna), les Tarabenoi (ou Tarabeni, en Cinarca), les Titianoi (ou Titiani, dans le golfe du Valincu), les Belatonoi (ou Belatoni, dans le Sartinesu), les Ouanakinoi (ou Vanacini, dans le Capicorsu), les Kilebensioi (ou Cilebensi, dans le Nebbiu), les Likninoi (ou Licinini, dans le Niolu), les Opinoi (ou Opini, en Castagniccia, dans le Boziu), les Simbroi (ou Sumbri, dans la région de Venacu), les Koumanesoi (ou Cumanesi, dans le Fiumorbu), les Soubasanoi (ou Subasani, à Carbini et à Livia), et les Makrinoi (ou Macrini, en Casinca).
Ainsi que quelques noms de villes: Centurinon (Centuri), Canelate (Punta di Cannelle), Clunion (Meria), Marianon (Bunifaziu), Port Syracusain (Porti Vechju), Alista (Santa Lucia di Porti Vechju), Philonios (Favone), Mariana, Aleria...
PTOLEMEE compte également huit fleuves poissonneux.

157:

LUCIUS VALERIUS TARVIUS, fils de SAIONIS (ou CAINENIS) VINACENUS, originaire de Corse, est enterré près de Crémone, en Italie (voir 129).

180:

La Corse est sous l'autorité directe de l’empereur romain COMMODE (180,192).

190:

La population de l'Ile est estimée par des historiens contemporains à plus de 150000 habitants.

202:

QUINTUS GABINIUS BARBARUS, préfet de la région Sardaigne est envoyé sur l’Ile par l’empereur romain SEPTIME SEVERE (193,211) pour développer la répression contre les Chrétiens, pour la plupart des Romains ayant fui la persécution.
Martyre de DEVOTE, jeune Chrétienne, fille d’une famille bourgeoise d'Aleria (ou de Mariana ), fouettée à mort sur l'ordre du préfet romain QUINTUS GABINIUS BARBARUS. Sa dépouille est transportée jusqu'à Monaco dont elle deviendra la patronne.

217:

L’empereur romain CARACALLA (211,217) poursuit les persécutions en chassant les Chrétiens de Rome. Ceux qui se réfugient sur l’Ile, après d’autres, sont à l’origine du Christianisme en Corse (voir 48 et 202).
PARTHEE (ou PARTHENOPEE) est le premier évêque de Mariana.
Deux envoyés de l'évêque de Smyrne (en Turquie) attestent, selon la légende, l'évangélisation de la Corse.

220:

La religion officielle romaine est représentée en Corse: PUBLIUS SULPICIUS RUFUS, prêtre de Rome, est attaché au culte de Jupiter. Il tente de l’imposer aux habitants de l’Ile, mais sans succès.

225:

Martyre de PARTHEE, l’évêque de Mariana.
21 Mai: A Calvi, RESTITUDE, jeune Chrétienne de Calinzana, est martyrisée et décapitée, avec 5 compagnons, par PIRRO, le gouverneur romain de la province de Corse.

227:

Rome nomme quatre prêteurs gouverneurs pour la Sicile, la Sardaigne et la Corse.

270:

Sous l’empereur AURELIEN (270,275), création, au-dessus de Macinaghju, du pagus (canton rural de la Gaule romaine) Aurelianus, qui deviendra Ruglianu.

285:

L'Itinéraire d'ANTONIN, donne des distances entre certaines localités de Corse, distances dont le total ne recouvre pas exactement les détails (voir 139).
Les îles de Corse et de Sardaigne sont réunies au Diocèse Italicien, l’une des provinces de l’Empire d’Occident.

300:

Le Praeses (gouverneur) MAGNUS reconstruit un portique à Aleria.
On estime la population de la Corse à 100000 mille âmes.

304:

Martyre de Sainte RESTITUDE ? (voir 225). L'empereur romain est alors DIOCLETIEN (284,305). La Sainte est enterrée à Calinzana.
On note à cette époque les martyres de Sainte LAURINE, à Aleria, de Saint AMANCE, à Bunifaziu, de Sainte JULIE, à Nonza (voir 458), de Saint PARTHEE (ou PARTHENOPEE), à Mariana (voir 225), de Saint PARGOIRE...

311:

30 Avril: Edit de Tolérance de Nicomédie, de l’empereur romain GALERE (305,311). Ce texte est très favorable aux Chrétiens.

312:

Sous le règne de l’empereur CONSTANTIN 1er le Grand (306,337), les trois provinces de Corse, de Sardaigne et de Sicile sont gouvernées par un seul et même magistrat (Rationalis Trium Provinciarum).

313:

Edit de Milan: CONSTANTIN 1er établit la liberté religieuse: La Corse ressortit au diocèse de Rome.
Le Christianisme se développe et s'organise. Mariana devient siège épiscopal, son évêque est CATONUS LEO CORSICANUS.

314:

Août: CATONUS LEO CORSICANUS, premier évêque officiel de Corse, assiste au Concile d'Arles convoqué par CONSTANTIN.

315:

Promulgation des lois afférentes à la Corse. L'Ile est alors dirigée par un Praeses (gouverneur) qui dépend du préfet de Rome.

319:

FURIUS FELIX, est le gouverneur de la Corse.

325:

CONSTANTIN cède (Donation de CONSTANTIN) la Corse et toutes les provinces de l’Occident au pape SYLVESTRE 1er.

364:

MAGNUS CLEMENS MAXIMULUS, MAXIME, futur empereur romain (383,388) est le gouverneur de la Corse.
AMMIEN MARCELLIN (330,400), historien latin né à Antioche, écrit que le poste de gouverneur de Corse peut conduire son titulaire jusqu’au trône impérial (voir MAXIME).

380:

RUFUS FESTUS AVIENUS, haut fonctionnaire romain, géographe et poète, voit la Corse, entre autre, couronnée de forêts et ruisselante du flot qui la caresse en se jouant, dans son ouvrage Ora Maritima.

392:

Après la mort de l’empereur romain VALENTINIEN II (375,392), Aleria est détruite par les Barbares, d’après l’évêque africain VICTOR de VITA dans son ouvrage Historia Persecutionis Africanae Provinciae.

395:

A Aleria, les dernières monnaies romaines sont frappées. Elles portent le sceau de HONORIUS (395,423), le premier empereur de l’Empire Romain d’Occident.

400:

A Mariana, construction d'une basilique avec trois nefs.
Le poète latin CLAUDIEN (370,404), dans son ouvrage De bello Gothico, cite la Corse lors de l’expédition des Goths contre Rome: l’Ile est simplement contournée par la flotte barbare qui évite ainsi la Corse.

415:

Au cours de son voyage de Rome vers la Gaule, le poète gaulois RUTILIUS NUMATIANUS évoque les côtes de la Corse qui, au petit matin, émergent de la brume...

416:

Incursion en Corse des Suèves.

430:

Pendant les grandes invasions germaniques, et sous les ordres de leur roi GENSERIC ou GEISERIC (428,477), les Vandales, peuple germain de la Baltique, écument, avec leur flotte de cent vingt navires, les côtes du sud de l’Italie, de l’Espagne, de Sicile, de Sardaigne et de Corse.

435:

Le code théodosien rédigé par ordre de l’Empereur d’Orient THEODOSE II (408,450), sur l’initiative du préfet ANTIOCHOS, afin de réunir en un recueil unique les constitutions impériales promulguées depuis CONSTANTIN, contient quatre arrêts qui se réfèrent à la Corse; ils concernent son administration, sa justice, son urbanisme et la nécessité de protéger ses entrepôts portuaires.

442:

Débarquement en Corse des Vandales de GENSERIC.

455:

Les Vandales de GENSERIC abordent à Aleria; Ils pillent, massacrent et désolent toute la région.

456:

En Italie, les premières invasions des Barbares chassent en Corse de nombreuses familles romaines.

457:

Les Romains réagissent aux invasions barbares: RICIMIER, généralissime des troupes occidentales (de 457 à 472) rétablit l'autorité de Rome en détruisant la flotte vandale dans les parages du détroit de Bunifaziu.
Les Hérules de ODOACRE (434,496) envahissent à leur tour la Corse.

458:

Martyre de Sainte JULIE, jeune fille de Nonza, les seins arrachés à la tenaille par les Vandales (voir 303).

460:

Nouvelle occupation barbare de la Corse par GENSERIC, et nouvelle réaction de Rome par MARCELLINUS, gouverneur de Sicile, envoyé par l’empereur d’Orient LEON 1er le Grand (457,474). A la mort de MARCELLINUS, GENSERIC envahit de nouveau les côtes corses, sardes et siciliennes.

462:

GENSERIC se rend maître d'une Corse exsangue, ruinée par les exactions de ses fonctionnaires. L'Ile devient avec la Sardaigne, la Septième Province du royaume vandale.

467:

La Corse est incluse dans les possessions maritimes des Vandales.

476:

Fin de l’Empire romain d’Occident. La Corse est définitivement abandonnée aux Vandales de GENSERIC par l’Empereur d’Orient ZENON (474,491).

477:

A la mort de GENSERIC, son fils HUNERIC (477,484), reprend et poursuit férocement les persécutions en Corse.

484:

A la suite du Synode de Carthage, HUNERIC exile en Corse 46 évêques d'Afrique dont il convoite les richesses, en résidence forcée et de travail; 25 cinq des évêques catholiques les plus rebelles sont contraints de couper les arbres nécessaires à la construction des navires de la flotte d'HUNERIC. Certains de ces évêques aurait construit la couverture en charpente de la première cathédrale d’Aiacciu, consacrée à Saint Euphrase. Parmi ces évêques exilés se trouve Saint FLORENT, qui mourra dans l’Ile et qui donnera son nom à la ville de San Fiurenzu.
A Constantinople, l’évêque d’Afrique VICTOR de VITA écrit son Historia Persecutionis Africanae Provinciae (voir 392).

485:

Le successeur d’HUNERIC, GONDEBAUD (ou GONDOBALD, 484,516) rappelle tous les évêques exilés en Corse, et les rétablit dans l’exercice de leur religion.

530:

GELIMER, le Roi Vandale d’Afrique (530,534), loue la Corse aux Wisigoths contre une redevance annuelle.

533:

Décembre: CYRILLE, lieutenant de BELISAIRE (494,565), général de l'empereur byzantin JUSTINIEN 1er (527,565) écrase GELIMER et ses Vandales à Tricalara, près de Carthage, et libère ainsi la Corse de l’emprise des Vandales et des Wisigoths.

534:

La Corse (avec la Sardaigne) est réunie à l'Empire Romain d'Orient. Elle est gouvernée par le procurateur d'Afrique résidant à Cagliari et fait partie du diocèse d'Afrique. Il ne reste plus, sur l'Ile, que quelques cités peu prospères: Centuri, Aiacciu, Mariana, Luri... Aleria, pratiquement ruinée, n'existe plus.

541:

TOTILA, ou BADUILA, Roi des Ostrogoths (541,552), s'empare à son tour de la Corse, de la Sicile et de la Sardaigne.

545:

PROCOPE, historien et dignitaire de la cour de JUSTINIEN 1er écrit (dans Le livre des guerres de Justinien) que la Corse est peu peuplée (moins de 30000 habitants).

551:

MARTINO TOMITANO est cardinal et évêque de Sagone.

552:

Avec la victoire du général byzantin NARSES (478,528) sur TOTILA, la Corse devient Terre d'Empire de JUSTINIEN 1er, rattachée au Duché de Sardaigne ou à la Préfecture d'Afrique.
La Corse relève directement de l’évêque de Rome, c’est à dire du Pape. Celui-ci y envoie un délégué.
NARSES nomme LONGIN au poste de gouverneur de Corse. Les excès de ce dernier resteront notoires.

575:

Les Lombards, à leur tour, débarquent en Corse, mais les Byzantins parviennent à les en chasser.

581:

Nouvelle incursion des Lombards, repoussée une fois encore par les Byzantins.

590:

Le pape GREGOIRE 1er le Grand (590,604) se préoccupe de la détresse religieuse et sociale de la Corse. Son souci est de relancer l'évangélisation de l'Ile et de réorganiser son Eglise.
SEVERINUS est nommé évêque d'Aleria.

591:

GREGOIRE 1er envoie en Corse un abbé, OROSE, afin qu’il trouve un lieu pour construire un monastère.
Juin, Juillet: Le pape GREGOIRE 1er s'adresse au Defensor Corsicae SYMMAQUE, pour lui demander d’appliquer l’interdiction de la compagnie des femmes aux prêtres de Corse. Il lui commande également la construction d’un monastère fortifié, au bord de (ou qui domine) la mer, et d’installer des moines dans un autre, déjà construit.
Août: Le pape GREGOIRE 1er écrit à LEON, l’évêque de Corse, pour le charger de visiter le diocèse de Sagone, vacant depuis plusieurs années, et il nomme MARTIN au siège épiscopal d'Aleria qui est aussi vacant, ainsi que ceux d’Aiacciu, de Mariana, et du Nebbiu.

595:

Juin: GREGOIRE 1er écrit à l'Impératrice d'Orient CONSTANTINA AUGUSTA, épouse de l'Empereur Byzantin MAURICE (582,602), pour se plaindre de l’extrême détresse de ses fidèles en Corse. Il lui demande également de punir les exactions judiciaires et les abus fiscaux de ses gouverneurs.

596:

Janvier: GREGOIRE 1er charge PIERRE (PETRUS), évêque d'Aleria (qui a succédé à MARTIN, voir 591), de la construction d’une basilique en l’honneur de Saint PIERRE et d’un baptistère consacré au martyr Saint LAURENT (l’église de San Petrucculu d’Accia, située sur le San Petrone, entre la vallée d’Orezza et celle du Rustinu?). Est-ce la création de l'évêché d'Accia (en Castagniccia, à Quarcitellu ou au col de Pratu), qui vient s'ajouter à ceux déjà existants d'Aiacciu, de Aleria, de Mariana, du Nebbiu et de Sagone ? Et faut-il rajouter celui de Taina, au sud de Mariana (en Tavagna ou à Tuani, près de Spiluncatu ?), et celui d’Urcinum ?
Septembre: GREGOIRE 1er charge PIERRE, évêque d'Aleria, de lutter contre l'idolâtrie toujours pratiquée dans certaines régions de l’Ile.
Octobre: GREGOIRE 1er demande au Patrice d'Afrique GENNADE, d'assurer la sécurité de l'Ile, menacée par les invasions d'infidèles (sans doute des Lombards). Ce dernier envoie en Corse son tribun militaire ATHANASE.

597:

Le tribun ATHANASE est gouverneur de l’Ile au nom de l'Empereur MAURICE.

599:

Election de l'évêque d'Aiacciu par une assemblée du clergé et du peuple. Il est consacré à Rome.

600:

Missions et actions grégoriennes se poursuivent en Corse.

601:

17 Juin: Dans une lettre au Defensor Corsicae GREGORIUS BONIFACIO, qui est le représentant l’autorité byzantine en Corse, le pape GREGOIRE 1er, reproche vivement à celui-ci de négliger ses évêchés, et le presse instamment de pourvoir aux sièges vacants d’Aleria et d’Aiacciu.

610:

IERONIMO est consacré évêque d’Aleria.

639:

GUGLIELMO est consacré évêque d’Aleria.

641:

Après avoir envahi l’Italie, et s’être emparé de la Toscane, les Lombards débarquent une nouvelle fois en Corse.

646:

BONOSO est consacré évêque d’Aleria.

649:

Deux des évêques de Corse, DONATO (DONATUS), de Mariana, et BENOIT (BENEDICTUS), d’Aiacciu, participent au Concile de Latran. BENOIT prend par 2 fois la parole. Parmi les 105 évêques présents, il est cité au septième rang, après le pape MARTIN 1er.
On enregistre les premières donations effectuées en Corse aux moines du monastère de San Maximiliano, situé sur l’îlot italien de Montecristo.

660:

UGULINO est consacré évêque d’Aleria.

661:

Dès le début de la dynastie des OMEYYADES (califes arabes, 661,750), les disciples de MAHOMET se montrent en Europe et en Corse.

674:

ANGELO est consacré évêque d’Aleria.

687:

PAUL est consacré évêque d’Aleria.

688:

Quelques monnaies lombardes circulent dans l’Ile.

704:

Premières invasions de la Corse par les Maures.

708:

TIMOTEO est nommé évêque d'Aiacciu (ou d’Aleria ) par le pape SISINNIUS (708).

712:

On retrouve quelques monnaies lombardes en circulation dans l’Ile (voir 688).

718:

En Corse, les incursions de plus en plus nombreuses des Maures deviennent habituelles, foudroyantes et redoutées.

719:

Un acte notarié atteste l'authenticité et la précocité d'une qualité d'écriture alors usitée en Corse, différente du Latin.
Le comte ROLAND, gouverneur de la Corse, fait donation de quelques terres aux couvents de la Corse. Acte passé à Fogata, dans le lieu dit Marcoriu, par le notaire LEONARDUS LAURENTI.

720 ou 725:

Nouvelle invasion de la Corse par les Lombards. Leur roi LIUTPRAND (713,744), qui se réclame Prince et Catholique, veut protéger l'Italie et la Corse du péril musulman. Le pape GREGOIRE II (715,731) ne peut s'y opposer.

729:

LIUTPRAND, le Prince Catholique Lombard, étend son autorité et instaure sa loi féodale sur toute l'Ile. La Corse fait alors partie de la Dix-Septième Province du Royaume Lombard, sous la tutelle hypothétique du pape GREGOIRE II.

736:

ELIE est évêque d'Aleria.

743:

MARC est évêque d'Aleria.

754:

Devant la menace du nouveau Roi des Lombards AISTOLF (749,756), le pape ETIENNE II (752,757) réagit en demandant à PEPIN le BREF, le Roi des Francs (751,768), que la Corse lui soit attribuée en tant que Patrimoine de Saint Pierre.
PEPIN le BREF mène une campagne victorieuse contre les Lombards d’AISTOLF.
Assemblée de Quiersy sur Oise (ou Diète de Kiersy), au cours de laquelle le Roi des Francs PEPIN le BREF remet la Corse sous l'autorité du Saint-Siège et du pape ETIENNE II (Donation de Pépin).

756:

PEPIN le BREF bat définitivement AISTOLF et ses Lombards.

759:

Devant les invasions permanentes des Maures, les Corses font transporter sur le continent leurs plus précieuses reliques: Par exemple, celles de Sainte JULIE (voir 458) à Brescia, en Italie, par les moines du monastère de La Gorgona, île de l'archipel toscan situé au large de la Corse.

765:

Ecriture de l’unique texte lombard retrouvé en Corse.

771:

La légende attribue au mythique prince romain UGO COLONNA, lequel aurait été envoyé sur l’Ile par le pape ETIENNE III (768,772), l'expulsion des Maures de Corse après 33 ans de luttes (voir 816).

773:

Le comte GIULIO ORTOLI, d'Ancône, port de l’Adriatique, s’installe en Corse. C'est le fondateur la famille d'Ortoli.

774:

6 Avril: A Rome, CHARLEMAGNE, le Roi des Francs (768,814), Empereur d'Occident (800,814), confirme au pape ADRIEN 1er (772,795), qui le lui demande (dans sa lettre Liber Pontificalis), les décisions prises lors de la Diète de Kiersy (voir 754), qui font officiellement entrer la Corse dans les états du Saint-Siège.

775:

CHARLEMAGNE nomme HADUMAR préfet de Corse.

777:

Dans une lettre adressée à CHARLEMAGNE, le pape ADRIEN 1er demande qu'on aide l'Eglise à recouvrer, entre autres, les patrimoines qu'elle possédait en Corse et qui lui avaient été enlevés par les Lombards.

778:

L'Ile entre définitivement dans le groupe des états pontificaux. C'est CHARLEMAGNE qui garantit l'autorité pontificale sur ces territoires et qui les protège militairement.

795:

Notice du pape LEON III (795,816) citant l'existence, à Rome, d'un Monasterium Corsarum.

797:

MAXIME d'ALBANO est évêque d'Aleria.

801:

Au cours de ce neuvième siècle débutent partout en Corse, des constructions d’édifices romans, tels ceux, entre autres, de Santa Maria di Lota à Brandu, San Pancraziu à U Castellà di Casinca, San Mighele à U Castellà di Mercuriu, San Mighele à Castirla, San Ghjuvanni Battista à Corti, Santa Maria à Furiani, Santa Lucia à Isulacciu di Fiumorbu, Santa Riparata à Merusaglia, Sant’Augustinu à Mursiglia, Santu Petru à Nesce, Santa Maria Assuntà à Ped’Orezza, San Lurenzu à U Petrosu, Santa Maria Assuntà à Santa Maria Siché, San Niculaiu à Sermanu, Sant’Augustinu à Sotta, Santa Cristina à E Valle di Campulori.

806:

Incursion des Maures sur l’Ile; Ils quittent la Corse, fuyant devant la flotte de PEPIN, le Roi d'Italie (806,810), le deuxième fils de CHARLEMAGNE. HADUMAR, préfet (Comes) de l’empereur CHARLEMAGNE (voir 775), meurt en Corse.

807:

Nouvelles incursions des Maures en Corse. La Corse est défendue contre une nouvelle agression de Maures, cette fois venus d’Espagne, par le Connétable BURCHARD (ou BURGARD, ou BOUCHARD), envoyé par CHARLEMAGNE. La bataille navale, qui a lieu aux alentours de Porti Vechju, coûte 13 navires et des milliers (?) de morts aux Maures.

808:

Mai: Une lettre du pape LEON III à CHARLEMAGNE demande confirmation de la donation de l'Ile à la papauté (il rappelle la Donation de CONSTANTIN (voir 325) qui serait d’ailleurs un faux fabriqué de toutes pièces par des faussaires pontificaux), et le supplie de garder la Corse hors de portée des Maures.
Arrivée en Corse de GIACOMO GIACOMONI, fondateur de la famille de Giacomoni, de Santa Lucia di Taddà.
Nouvelles incursions des Maures en Corse.

809:

L'annaliste de SAINT BERTIN note que les Maures partis d'Espagne envahirent la Corse, et le samedi de Pâques détruisirent une cité où ils ne laissèrent survivre que son évêque et quelques vieillards et infirmes. On peut penser que la cité serait soit l'ancienne Charax (près de l'étang de Palu), soit Aleria.

810:

Après la mort du roi PEPIN (voir 806), la Corse se trouve totalement privée de la moindre protection; Les Maures tiennentune grande partie de ses côtes.
Juin, Juillet, Décembre: Nouvelles incursions des Maures sur l’Ile. Une fois encore, CHARLEMAGNE vient au secours des Corses. Une de ses armées décime les Maures devant Aleria: ALTIME ou ATHIMUS, le Roi Maure, périt devant la ville (une fontaine à l'est d'Alisgiani, la Funtana di Carlu, garde le souvenir de cette campagne).

811:

Janvier: Les Maures sont à nouveau en Corse.

812:

Les Maures s’installent en Sardaigne et en Corse. BERNHARD, petit-fils de CHARLEMAGNE et fils de PEPIN le BREF, est le commandant de la flotte chargée de les repouser. Divisant sa flotte entre les deux îles, il ne parvient pas à les chasser.

813:

Nouvelle attaque des Maures en Corse.
A Majorque, ERMENGARD, Comte d'Ampurias (en Catalogne), défait une flotte maure qui rentre en Espagne après avoir pillé la Corse, et délivre 500 (?) prisonniers insulaires.
Fondation de Cervioni par des Corses du littoral qui fuient les attaques des Maures.
PETRONIUS est nommé évêque d'Aleria.

816:

LOUIS 1er le Pieux (ou le Débonnaire, fils de CHARLEMAGNE) (814,,840) confirme au pape ETIENNE IV (816,817) la donation de la Corse au Saint-Siège.
C'est à cette époque que pourrait se situer la geste romanesque et légendaire de UGO COLONNA: Celui-ci, prince romain, aurait été envoyé par le pape ETIENNE IV pour libérer l'Ile de Corse du joug des Maures (voir 771).
GUIDO de SABELLIS, fondateur de la famille Savelli, de Spiluncatu, aurait participé à l’expédition de UGO COLONNA.
A Curbara, GUIDO de SABELLIS, Comte de Balagna, fonde le Castel de Guido.
Naissance, à Rome, de FORMOSE, qui serait né d’une famille originaire de Vivariu réfugiée en Corse après avoir fui les attaques maures, et qui sera le premier pape d’origine corse.

817:

LOUIS 1er le Pieux confirme au pape PASCAL 1er (817,824) la donation de la Corse au Saint-Siège.

818:

La légende (voir 771) affirme que le nommé GANALLONE di MAGANZA (de Mayence ), un des principaux lieutenants du légendaire prince romain UGO COLONNA, débarque près de l'étang de Palu, dans le Fiumorbu.

823:

Le pape PASCAL 1er fonde officiellement cinq évêchés en Corse: Aleria, Mariana, Sagone, Nebbiu et Aiacciu.

825:

20 Février: LOTHAIRE (795,,855), le fils aîné de l’Empereur d’Occident LOUIS 1er le Pieux, expédié en Italie par son père, lance un appel pour soustraire la Corse de l’orbite maure.

828:

LOUIS 1er le Pieux promulgue une charte réglant l'organisation d'une colonie à destination de la Corse et érigeant l'Ile en lieu de relégation. Il lance un appel aux armes pour libérer la Corse des Maures. Il envoie sur l'Ile BONIFACE II de Toscane, Comte de Lucques, pour en chasser les Maures.
16 Août BONIFACE II de Toscane, après avoir reconquis la quasi-totalité de l'Ile, entreprend de poursuivre les Maures. Avec l'aide de son frère BERTHAIRE (ou BEROALD), et de troupes composées de Toscans, de Corses et de Sardes, il passe en Afrique pour combattre les Maures. Les combats ont lieu entre Utique et Carthage, et les Maures sont défaits par les troupes de BONIFACE II.

829:

A Rome, on signale la présence de nombreux réfugiés corses, qui ont fuit les invasions incessantes des Maures.

830:

Après avoir battu les Maures, BONIFACE II de Toscane, de retour en Corse, fait bâtir, à l’extrême sud de l'Ile, une forteresse à laquelle il donne son nom: Castel Bonifacio, et qui deviendra par la suite Bunifaziu.

833:

14 Octobre: BONIFACE II de Toscane, Tutor Defensore ou Prefetto, devient Comte de Corse.

834:

LOTHAIRE (voir 825), le fils de LOUIS 1er le Pieux, enlève à BONIFACE II le marquisat de Toscane et de Corse, ainsi que le gouvernement de la Corse. Il investit AGANE qui devient gouverneur de l’Ile.

844:

Sous le pontificat du pape SERGE II (844,847), LOTHAIRE 1er, Empereur d’Occident (840,855), fils de LOUIS 1er le Pieux, donne le royaume d’Italie à son fils LOUIS II (844,875). Ce dernier envoie en Corse ALBERT 1er, ou ADALBERT ou ADELVERTUS (le fils de BONIFACE II), à qui il rend les titres de Marquis de Toscane et Comte de Corse. De plus, il le nomme Tutor Corsicae.

845:

Les envahisseurs maures se font de plus en plus menaçants. Leurs incursions sont de plus en plus nombreuses, et se multiplient en Corse, sur les côtes et, très souvent, à l'intérieur des terres.

846:

Les Maures sont si bien installés en Corse qu’ils l’utilisent comme base de départ pour leurs raids sur la côte ligure.
ADALBERT 1er, fils de BONIFACE II, est appelé par le roi LOTHAIRE 1er pour combattre les infidèles. Il est nommé marquis et Tutor Defensore de la Corse, marquis de Tuscia. Il excerce un contrôle administratif et militaire sur l'Ile.

848:

Mort de BONIFACE II de Toscane, Comte de Lucques, marquis toscan, ancien Comte de Corse.

850:

De nombreux Corses s'enfuient en masse à Rome pour fuir les invasions maures. Ils se réfugient sur le Transtevere, une des collines de la ville sainte, où le pape LEON IV (847,855) les accueille avec sollicitude, et à Ostie. Les villes d’Amerina, Hortana et Porto sont restaurées et habitées en partie par les émigrants corses.
Construction de l'église de la Canonica, à Mariana, à la gloire de la Vierge.

853:

RAIMONDO est l'évêque d'Aleria.

855:

C'est à cette époque que BIANCO, le fils aîné de UGO COLONNA, aurait fait construire et aménager la place forte préhistorique de Capula, près de Livia. Il est l’ancêtre des Biancolacci, de Cinarca.

864:

FORMOSE est évêque de PortoOstie), colonie corse de Rome (voir 816).

872:

ADALGIS, dignitaire lombard, poursuivi par les troupes de l'Empereur d'Occident LOUIS II (855,875), se réfugie en Corse.

883:

14 Octobre: Fondation officielle de la cité de Bunifaziu.

884:

Mai: Mort d'ALBERT 1er, Marquis de Toscane et Tutor Corsicae. Son fils ALBERT II, ou ADALBERT, dit le Riche, (ou RUFO), lui succède. Il hérite des possessions de Toscane et de Corse, où son autorité est plus nominale que réelle, et du titre de Tutor Corsicae.

891:

FORMOSE, évêque de Porto (Ostie), colonie corse de Rome, est élu pape (voir 864).

893:

HENRI, de Porto (Ostie) près de Rome, est nommé évêque d'Aleria.

896:

Mort de FORMOSE, le pape d’origine corse (voir 891).

897:

Le successeur de FORMOSE, le pape ETIENNE VI (896,,897), qui l'accuse d'avoir usurpé la tiare, le fait exhumer et traîne, en plein concile, son cadavre revêtu des habits pontificaux. Après l’avoir fait décapiter, il fait jeter son corps dans le Tibre. FORMOSE sera réhabilité soit par le pape JEAN IX (898,900), soit par le pape THEODORE II (897).

900:

NICOLAO (NICOLAUS) est évêque d'Aiacciu.
LUNERGIO (LUNERGIUS) est évêque de Mariana.

901:

Au cours de ce dixième siècle débutent partout en Corse, des constructions d’édifices romans, tels ceux, entre autres, de San Ghjuvanni Battista à Altiani, Santa Maria di e Neve à Brandu, San Martinu à Canale di Verde, Santa Maria à Casalta, Santa Mariona et San Pancraziu à Corti, Santu Petru di Chjumi à Mansu, San Martinu di Pastina à Meria, Santa Maria di Cruscaglia à Maca’Croci, Santa Maria d’Arca à E Muracciole, San Mighele à Ogliastru, San Chilicu à Olcani, Santa Maria Assuntà à Olmeta di Tuda, Santu Petru à E Piazzole, Santa Maria di Canovaria à U Prunu, San Cosmu e San Damianu à Ruglianu, San Mamilianu à San Ghjuvanni di Moriani, San Ghjuvanni à Sorbu Occagnanu, Santa Maria Assuntà di Riscamone à Valle di Rustinu, San Mighele à U Viscuvatu.

904:

Le pape SERGE III (904,911) utilise le premier le terme de Sarrasin pour désigner l’envahisseur Maure.

912:

ALESSIO est évêque d'Aleria.

917:

ALBERT II le Riche, Tutor Corsicae, meurt en laissant trois fils: GUIDO, (ou GUILLAUME FRANCOIS), l’aîné, ancêtre de la branche dite des Marquis de Corse et de Parodi, de Belgudé, qui devient maître de la Corse (Tutor Corsicae), HUGUES, futur Roi d'Italie, et LAMBERT (ou OBERTO).

927:

CRESPIGNANUS, orignaire de Crespignanu (Montemaio) est évêque d'Aleria.

928:

Mort de GUIDO; son frère cadet LAMBERT lui succède.

930:

RICOBONUS est évêque d'Aiacciu.

931:

HUGUES de PROVENCE, Roi d'Italie, frère utérin de LAMBERT, fait emprisonner et tuer celui-ci, et donne à son frère BOSON, le Comté de Toscane avec la Corse.

936:

A la suite de BOSON, la Corse passe aux mains d'OBERTO OPIZZO (fils bâtard de HUGUES de PROVENCE), qui devient Duc de Toscane à la place de BOSON, qu'il suspecte de trahison, et qu'il fait emprisonner.
Construction de la chapelle de San Mamilianu à San Ghjuvanni di Moriani.
GUGLIELMO de CORTONE lègue une grande partie de ses terres de l'Ampugnani à l'abbaye bénédictine de Montecristo.

940:

LOTHAIRE (LOTHERIUS) est évêque de Mariana.

947:

Mort de HUGUES de PROVENCE, son fils LOTHAIRE lui succède. Mais c'est son neveu BERENGER II, Marquis d'Ivrée, petit-fils de BERENGER 1er, l'Empereur d'Occident (915,924), qui gouverne et qui se fait élire Roi d'Italie (950,961). Il associe son fils ADALBERT au trône. Il enlève à OBERTO OPIZZO la Toscane et la Corse, qu'il fait administrer par ses officiers. Il reprend le titre de Tutor Corsicae, et investit, dans le nord de la Corse, une dynastie issue du marquis toscan OBERTO OPIZZO.

951:

Le marquis OBERTO OPIZZO, chef des marquis toscans, Vicaire Impérial pour toute l'Italie, reçoit du pape JEAN XII (937,964), le titre de Marquis de Corse, qui lui confère un vague devoir de protection de l'Ile.

952:

Le marquis OBERTO OPIZZO nomme un Génois, le seigneur IDO, vicomte (Vice Comes) du Capicorsu. Il est le fondateur de la souche des Marquis de Massa, d’une part, et de celle des Malaspina, d’autre part. Les descendants de cette dynastie des Marquis de Toscane seront les Obertenghi. Dans les descendances des Obertenghi, on trouvera également des familles d’origine ligure: les Avogari, les Gentili, les Peverelli (ou Pevere), les da Mare, dans le Capicorsu, les Bagnaninchi à Belgudé, les Cortinchi de GUGLIELMO de CORTONE à Corti, Pedicorti et Biguglia, les Amondashi dans la vallée du Golu, les Pinashi en Balagna et les Monteltinchi dans le Nebbiu.

960:

Dépossédés de leur titre et de leurs biens par OTTON 1er le Grand, Roi de Germanie et d'Italie (936,973), au profit du pape JEAN XII, BERENGER II et son fils ADALBERT sont obligés de fuir. ADALBERT se réfugie en Corse. Quant à BERENGER II, il s'enferme dans une de ses forteresses en Italie.

968:

Mort d'ADALBERT, le fils de BERENGER II. Le fils d'ADALBERT, ADALBERT II reprend le titre de Tutor Corsicae.
ARRIGU BEL MESSERE, maître du château de Poghju di Venacu, descendant direct du Comte BIANCO, le fils du légendaire prince romain UGO COLONNA (voir 855), gouverne la Corse (?).

972:

Mort d’OBERTO OPIZZO.
ADALBERT II abandonne la Corse à OTTON II, Roi d'Italie et Empereur Germanique (973,983), lequel la restitue au fils d'OBERTO OPIZZO, HUGUES, marquis de Marquis de Toscane et petit-fils de HUGUES de PROVENCE.
HUGUES confie le gouvernement de la Corse au comte RUGGIERI, en tant que représentant du Marquis de Toscane.

981:

Le comte RUGGIERI fait donation aux moines de l’île de Montecristo de nombreux territoires situés près de Ponte a à Leccia, sur le Golu. Acte passé par le notaire FREGOLINUS, de Tavagna.
PETRONIUS est nommé évêque d'Aleria.

986 ou 996:

L'évêque d'Aleria, à la demande des autres évêques de l'Ile, obtient, soit du pape JEAN XV (985,996), soit du pape GREGOIRE V (996,998), la suppression de la dîme imposée aux Corses par Rome.

996:

Une charte de l'Empereur Germanique OTTON III (980,1002), stipule que HUGUES (fils de OBERTO OPIZZO), Marquis de Toscane, incorpore l'Ile de Corse à ses Etats; mais rien ne prouve qu'il y a exercé une souveraineté effective. En outre, cette charte confirme au monastère de San Salvadore, près de Lucques, en Toscane, ses possessions en Corse.

1000:

D’après la légende, à Cavru, assassinat de ARRIGU BEL MESSERE (voir 968). Il est tué dans une embuscade par un mercenaire sarde, payé par le comte FORTE di CINARCA. Ses sept fils sont noyés par les habitants de Cavru. Il serait le fondateur de la féodalité en Corse. Sa fille ALDA, épouse ANTONE, Baron de Cinarca, un fils de FORTE di CINARCA. Toujours d’après la légende: E morte il Conte Arrigo Bel Messere ! Corsica non avrai mai bene … Le Comte Arrigo Bel messere est mort ! Corse, tu ne seras jamais heureuse…