Orsu Ghjuvanni Caporossi

Cronica di A CORSICA


















1303:

FRANCESCO est évêque d'Accia. Il succède à BENVENUTTO NONNO (voir 1297).
Arrivée du légat apostolique romain: il prêche les droits de l'Eglise sur la Corse et la souveraineté du roi Roi JACQUES II d'Aragon.
Le pape BONIFACE VIII meurt, avant même que le roi JACQUES II d'Aragon ait pu investir l'Ile.

1304:

5 Juin: JACQUES II d'Aragon envoie, auprès du pape BENOIT XI (1303,1304), deux ambassadeurs pour se faire confirmer l'investiture de la Corse.

1305:

Juillet: Le pape CLEMENT V (1305,1314) cède à JACQUES II d'Aragon la dîme que la Corse doit au Saint-Siège pour une durée de quatre ans.
28 Octobre: Le pape CLEMENT V confirme la convention entre BONIFACE VIII et JACQUES II d'Aragon (voir 1296).
4 Novembre: JACQUES II d'Aragon remercie le Saint-Siège pour l'investiture confirmée.
UGONE, Marquis de Massa, fait don, aux moines de Montecristo, de la plaine de Verde.
Des combats fratricides opposent MANNONE et UGO, fils de GHJUVANNINELLU della PETRALLARRETTA, l'ennemi de GHJUDICE di CINARCA, et leur oncle ROLANDUCELLU della PETRALLARRETTA, toujours ami et allié de ce dernier. Après avoir vaincu MANNONE et UGO della PETRALLARRETTA, ROLANDUCELLU s'attaque au petit-fils de GHJUVANNINELLU, VINCENTELLU della PETRALLARRETTA. Mais celui-ci, allié au clan des Cortinchi, sort vainqueur de ces combats.
Mort de GHJUVANNINELLU della PETRALLARRETTA, le fondateur de Calvi (voir 1268).
Mort de ROLANDUCELLU della PETRALLARRETTA.
L'abbé de La Gorgona, IOHANNES, qui réside à San Vito avec ses moines, nomme l'évêque du Nebbiu procureur du monastère de La Gorgona en Corse, pour choisir le recteur de l'église de San Cerbone di Valanetu.

1306:

GUGLIELMU della PETRALLARRETTA, fils de UGO, à son tour, s'en prend à GHJUDICE di CINARCA, lequel a plus de 90 ans. Avec 200 hommes, il attaque le château de Cinarca, mais échoue dans sa tentative. Il réussit à corrompre LUPU d'ORNANU, capitaine des gardes de GHJUDICE di CINARCA, puis s'allie SALNESE della ROCCA, fils bâtard de ce dernier. Cette coalition fait appel à Gênes, qui envoie en Corse 2000 soldats, commandés par OBERTO SPINOLA.
GHJUDICE di CINARCA est battu, et fait prisonnier par les Génois, qui l'enferment à Gênes, dans la prison de Malapaga (voir 1299).
IACOMINU et FALTIU di CANARI donnent aux moines de l'abbaye de La Gorgona un terrain sis à Putignano, près de Pise. Ils reçoivent en échange l'église, les maisons et les autres appartenances de l'église San Tomasu di Marinca de Canari.

1307:

A Gênes, dans la prison de Malapaga, mort de GHJUDICE di CINARCA, Seigneur della ROCCA.

1308:

L'abbé de La Gorgona IUSTUS, nomme le moine VINCENTIUS piévan et recteur des églises de Santa Maria della Capella et de San Niculaiu di Tuminu, en remplacement du prêtre GRATIANUS.

1309:

GUGLIELMO est l'évêque d'Aleria.
ALMERICO est l'évêque d'Aiacciu.
Gênes et Pise tentent de dissuader le Roi d'Aragon de sa tentative d'appropriation de la Corse, et lui demandent de renoncer à ce projet.

1310:

L'abbé de La Gorgona IUSTUS donne au prêtre pisan BORRISTORO, fils de LANDOLFINU di CAMPU di MARIANA, le rectorat de trois églises de Casinca: Santa Lucia, Sant'Agustinu et San Ipulitu, en échange d'une redevance annuelle de huit livres génoises.
A Carbuccia, création de la confrérie de Sancta Crucis.

1311:

GHJUVANNI, prélat corse, assure l'intérim de l'évêque du Nebbiu en attendant l'arrivée de PERCEVALLIS, nouvel évêque, qui succède à JOANNES FIESCHI (voir 1283).
Carte nautique d'Italie du Génois PIETRO VESCONTE, sur laquelle la Corse figure avec une apparence correcte. (Archives de Florence).

1312:

Les Génois soutiennent les seigneurs du Capicorsu: GALEOTTO (ou GIACHETTO) da MARE hérite de la seigneurie de San Columbanu, possédée avant lui par son père BONIFACIO da MARE, son grand-père BARISONE da MARE, et son arrière-grand-père ANSALDO da MARE (voir 1246).
L'abbé de La Gorgona IUSTUS, nomme le subdiacre FABRUS, de Barrettali, comme piévan de Santa Maria della Capella et recteur de San Niculaiu di Tuminu.

1317:

Soutenu par le pape JEAN XXII (1316,1334), JACQUES II d'Aragon prend le titre de Roi de Corse.
Pise continue à se prétendre maîtresse de l'Ile. Gênes en fait autant: elle possède toujours Calvi, Bunifaziu et les trois évêchés de Mariana, d'Accia et du Nebbiu.
En fait, depuis la mort de GHJUDICE di CINARCA, la Corse se gouverne elle-même, en partie par les comtes, les marquis et les seigneurs, maîtres de leurs terres.
La Guerra di'Bastardi (Guerre des Bâtards, les quatre fils de GHJUDICE) fait rage. Elle a pour lieu la Terra di'Bastardi (voir 1278). LUPU d'ORNANU, et son frère RISTORCELLU en sont également acteurs.

1321:

6 Février: Nouvelle convention et nouveaux privilèges accordés à la ville de Bunifaziu.

1322:

Deux évêques pisans sont nommés en Corse: GERARDO (GERARDUS) ORLANDINI à Aleria et VITALIS GRACCHI à Aiacciu (qui succède à ALMERICO, voir 1309).
Le pape JEAN XXII autorise les moines de La Gorgona à vendre ou échanger leurs biens en Corse car ils ne peuvent plus en tirer de revenus, à cause des pirates et de la férocité des insulaires.

1325:

Arguant le fait qu'il n'occupe pas la Corse, le Roi JACQUES II d'Aragon demande au pape de réduire la redevance due au Saint-Siège. Le pape accepte et réduit celle ci de moitié.

1327:

Mai: L'évêque d'Aleria GERARDO ORLANDONI est à Milan, au couronnement de LOUIS IV de Bavière (1327,1346), souverain du Saint Empire Germanique, et ennemi du pape.
Octobre: ALPHONSE IV (1327,1336), fils et successeur de JACQUES II d'Aragon, prête serment d'allégeance pour la Corse devant le légat du pape JEAN XXII.
Passage en Corse de MULACCIO MATTEI, de la maison princière Mattei de Rome. C'est le fondateur de la famille Mattei, de Centuri.

1328:

NICOLAO (NICOLAUS) est évêque d'Aiacciu. Il succède à VITALIS GRACCHI (voir 1322).
VINCENTIUS est évêque de Mariana. Il succède à GUIDO (voir 1298).
ANTONIO (ANTONIUS) est évêque de Sagone.
Les Sarrasinsdétruisent l'abbaye bénédictine du Taravu, en face de Prupià.
Naissance de l'Albergo (Maison) des de Gentile (comprenant les Avogari, les Pevere ou Peverelli (voir 1118), les da Mare... Ses membres vont rompre avec les Obertenghi.

1329:

L'antipape NICOLAS V (JEAN de CORBIERES) adresse une bulle à VINCENTIUS, évêque schismatique de Sagone, et le nomme administrateur général des monastères de La Gorgona et San Vito.

1330:

Le vicaire génois de Bunifaziu, AITONE DORIA, fait une première incursion en Cinarca, tenue par RANIERI di CUZZA', neveu de GHJUDICE di CINARCA, et allié d'Aragon.
CALCAGNO (GALGANUS) BOCCA di BUE est nommé évêque d'Aleria. Il succède à GERARDO ORLANDINI (voir 1322).

1331:

Le moine BETTO, procureur du monastère bénédictin de La Gorgona, se rend à Furiani, et donne à bail au prêtre GRAZIANU, recteur de San Martinu, tout le domaine de Cardetu que le monastère avait reçu en donation (voir 1257). La redevance annuelle est de un muid de blé.
GIACOBO (JACOBUS) est évêque de Sagone. Il succède à ANTONIO (ANTONIUS) (voir 1328).

1332:

RAPHAELLO SPINOLA, un Génois, est nommé évêque du Nebbiu. Il succède à PERCEVALLIS (voir 1311).
ANGELO (ANGELUS) est évêque d'Accia. Il remplace FRANCESCO (voir 1303).
Les Bonifaciens, fidèles à Gênes, capturent une galère aragonaise et en massacrent ses occupants.
Le pape JEAN XXII note: Pise étant trop affaiblie, les religieux pisans de San Vito et de La Gorgona ne peuvent plus recevoir les revenus des biens qu'ils possèdent toujours en Corse.

1335:

13 Janvier: Le pape BENOIT XII (1334,1342) renouvelle à ALPHONSE IV d'Aragon l'investiture de Roi de Corse.

1336:

AITONE DORIA, génois, amiral des Gibelins, débarque en Corse. Il prend possession du château de Cinarca après en avoir chassé RANIERI di CUZZA'. Il s'allie à ARRIGU, dit STRAMBU, fils de GHJUDICE di CINARCA, le seigneur de Taddà. Tous deux projettent alors de conquérir le sud de la Corse.
Mort d'ALPHONSE IV d'Aragon; son fils PIERRE IV le Cérémonieux (1336,1387) lui succède. Il sollicite l'investiture des îles auprès du pape BENOIT XII. Aragon renonce à ses droits sur la Corse, en compensation de la Sardaigne.
A la Cunsultà de Mariana, ARRIGU STRAMBU se fait nommer Seigneur de Corse; il meurt peu après.

1337:

AITONE DORIA vend le château de Cinarca à GUIDU della CATENA, de Vicu, et rentre à Gênes, pour ne plus jamais revenir en Corse.

1338:

GUGLIELMU della ROCCA, fils d'ARRIGUCCIU della ROCCA, et ORLANDU CORTINCU, de Patrimoniu, las des querelles entre seigneurs locaux, se rendent à Gênes et demandent à la République de ramener la paix dans l'Ile.
Le Doge de Gênes, SIMONE BOCCANEGRA, envoie alors en Corse son maréchal, GOTTIFREDO ZOAGLIA, comme vicaire, pour répondre à l'appel des seigneurs corses. GOTTIFREDO ZOAGLIA fait pendre ORLANDU CORTINCU, en l'accusant de trahison, et bat GUGLIELMU della ROCCA. Il devient le maître de la quasi-totalité de l'Ile.

1340:

Une terrible épidémie (la peste, le choléra ou la malaria ?) s'abat sur la Corse, causant une mortalité importante. GOTTIFREDO ZOAGLIA, effrayé par l'ampleur de l'épidémie, rentre à Gênes, laissant sur l'Ile comme lieutenant, GUGLIELMU della ROCCA, dont il emmène un fils en otage.
La guerre entre seigneurs rivaux reprend de plus belle: ARRIGU d'ISTRIA, fils de SALNESE della ROCCA et petit-fils de GHJUDICE di CINARCA, est éliminé à son tour. Ses terres, et celles de son père, sont récupérées par GUGLIELMU della ROCCA. GUGLIELMINUCCIU di TADDA, fils d'ARRIGU STRAMBU, prend à son tour les armes, GUGLIELMU della ROCCA le réduit à son pouvoir.
Les quatre fils de GUGLIELMU BIANCOLACCI, de Bisughje, sont en désaccord. Ils font appel à GUGLIELMU della ROCCA, qui, en manière d'arbitrage, s'empare de leurs domaines. Les Cinarchesi se soulèvent contre GUGLIELMU della ROCCA; chassés de leurs terres, ils se réfugient à Leca, près de Vicu, lieu dont ils porteront le nom.
Les Cathares, chassés du Midi de la France, se réfugient en Corse. GERALD, le général des Franciscains, envoie alors dans l'Ile ses moines qui poursuivent et réussissent à exterminer pour quelques temps, les hérétiques.

1341:

ANDREA MALASPINA, fondateur de Belgudé (voir 1269), fait donation de son fief aux moines de San Venerio del Tino. Abandonnant ses prérogatives, il perd son nom et se retire à Belgudé.

1342:

Le moine BETTO, procureur du monastère bénédictins de La Gorgona afferme le domaine de Cardetu (voir 1331) à DEUDATU della FICAGHJA, du Nebbiu, pour la même redevance de un muid de blé.
MANFREDUS, de Calcinaghju d'Ornanu est évêque d'Aiacciu.
GUGLIELMO (GUIGLIELMUS) ARCUMBALDI est nommé évêque d'Aleria. Il succède à CALCAGNO BOCCA di BUE (voir 1330).

1343:

A Bunifaziu, achèvement de la construction de l'église pisane de San Duminicu, sur les ruines de l'ancienne église des Templiers (voir 1270).
GUGLIELMU della ROCCA soumet tous les seigneurs de l'Ile. Il instaure un gouvernement du type de celui de GHJUDICE di CINARCA, sous la bienveillante attention de la République de Gênes.
BONAVENTURA BENVENUTI est évêque de Mariana. Il succède à VINCENTIUS (voir 1328).
PAGANUS est évêque de Sagone.

1344:

Démission de SIMONE BOCCANEGRA, le Doge de Gênes.
NICOLAO (NICOLAUS) est évêque d'Accia. Il remplace ANGELO (voir 1332).
BERNARDUS est évêque de Sagone. Il succède à PAGANUS.

1345:

Le Roi d'Aragon PIERRE IV écrit à LUPU d'ORNANU, seigneur d'Ornanu, pour l'inciter à le servir.
La Corse est divisée en deux grandes régions politiques: L'une, appelée Terra di U Cumunu, occupée par I Rusticacci, en deçà d'une ligne idéale passant au sud de Calvi, de Corti et d'Aleria, sans, ou avec très peu de seigneurs, où on vit en communautés villageoises, avec lois et magistrats, l'unité administrative et religieuse étant la Piève, l'autre, appelée Terra di'Signori, le sud de l'Ile, occupée par I Casacconi, féodale, dont les terres appartiennent à leurs seigneurs respectifs, toujours en querelle ou en guerre. Une troisième entité politique, le Capicorsu, appartient à deux grandes familles génoises, les da Mare et les de Gentile.
Le nouveau doge de Doge de Gênes, GIOVANNI da MURTA, veut éliminer l'influence espagnole en Corse (et en Sardaigne).
RAIMONDO de PONTEPAVONE, ancien gouverneur de Cagliari pour le Roi d'Aragon, convainc PIERRE IV de la facilité avec laquelle il occuperait la Corse, où, dit-il, Aragon compte de nombreux amis.
RAPHAELLO SPINOLA, l'évêque du Nebbiu et délégué du Saint-siège pour la réforme de l'église corse, intervient en faveur du curé de San Cerbone di Valanetu, et prononce un jugement qui oblige, selon l'antique coutume, les paroissiens de cette église, chaque année, le jour de la Quadragésime, à porter sur l'épaule des échalas et à les placer dans les vignes appartenant à l'église.
Décès de MANFREDUS, l'évêque d'Aiacciu, BERNARDO (BERNARDUS) lui succède.
ARNALDO (ARNALDUS) est nommé évêque d'Aleria. Il succède à GUGLIELMO (GUIGLIELMUS) ARCUMBALDI (voir 1342).

1346:

CHARLES IV, Roi de Germanie et de Bohème (1346,1378), futur Empereur Germanique (1355,1378), fait serment de ne jamais usurper et occuper Rome ni aucune de ses possessions, notamment la Corse.
Novembre: Les troupes d'Aragon débarquent à Bunifaziu, sans succès.
RAPHAELLO SPINOLA, l'évêque du Nebbiu est à Patrimoniu pour y trancher un différend entre le recteur des églises de San Carbone di Valanetu et de San Gregoriu di Nebbiu d'un côté, et les curés des églises voisines, de l'autre, qui profitent de la crise et de le faiblesse des moines toscans pour ne plus payer leurs dîmes.

1347:

Avril: NICOLO da LEVANTE, vicaire génois, podestat de Bunifaziu, reçoit les soumissions des Cinarchesi GUGLIELMU della ROCCA, RISTERUCCIU della ROCCA, LUPU d'ORNANU et ARRIGUCCIU d'ORNANU.
Tous les magistrats de la Terra di U Cumunu, avec une partie des seigneurs de la Terra di'Signori (voir 1345), réunis en une Cunsultà à Merusaglia, mettent au point un contrat qui va lier en une sorte d'association la Corse et Gênes.
12 Juillet: A Gênes, le Conseil des Sages délibère sur la question corse, Suprà factis Corsicae.
18 Juillet: Des lettres sont envoyées par Gênes en tous sens pour inviter seigneurs et communes corses à coopérer au recouvrement urgent de l'Ile de Corse.
12 Août: Les Génois sont maîtres de toute la Corse avec l'aide de tous les barons et seigneurs de l'Ile.
A Gênes, quatre ambassadeurs corses présentent Doge GIOVANNI da MURTA, les décrets de la Cunsultà de Merusaglia.
29 Novembre: A Gênes, décret promulguant l'ouverture d'un emprunt de 50000 genovini pour l'acquisition de la Corse (divisé en 500 actions). Cette somme est obtenue grâce à l'avance faite par une société financière génoise, la Maona, sorte de cartel, qui a pour objectif principal le commerce de l'alun (produit essentiel pour l'industrie textile). Avec un armement naval obtenu grâce à l'emprunt, Gênes envoie en Corse une flotte commandée par TOMASO da MURTA, un parent (le fils?) du Doge GIOVANNI da MURTA, lequel envoie également dans l'Ile, le chef de la puissante corporation des bouchers, ANTONIO ROSSO, pour y travailler le peuple, et GOTTIFREDO ZOAGLIA, pour pratiquer une farouche épuration parmi les seigneurs.
Terrible épidémie de peste en Corse, en Sardaigne et dans toute l'Europe. Elle ne laisse à la Corse que le tiers de ses habitants.

1348:

Mort de GALEOTTO (ou GIACHETTO) da MARE, seigneur de San Columbanu (voir 1312). Il laisse pour héritiers son fils BABIANO da MARE et son petit-fils ANTONIO GIOVANNI da MARE, fils de BARTOLOMEO décédé. BABIANO da MARE abandonne quelques terres (le hameau de Cannelle avec le château, à Centuri, et Mursiglia) à son demi-frère naturel CRESCIONE da MARE, et le village de Luri à son neveu (un fils de BARTOLOMEO da MARE).
24 Janvier: Les da Mare créent des statuts (54 chapitres de quelques lignes), rédigés par le notaire de Ruglianu, qui, entre autres, fixent l'entretien et l'abri des escales, luttent contre la fraude et la contrebande, garantissent la qualité et le prix du vin.
GIOVANNI BOCCANEGRA, frère de SIMONE, le premier Doge de Gênes, est en Corse en qualité de vicaire de l'Ile. Il y fait un très court séjour.
Terrible épidémie de peste noire en Corse. Le village de Sant'Andria di Boziu est décimé. GOTTIFREDO ZOAGLIA fuit la peste et rentre à Gênes.
Apparition des Giovannali, du nom de leur prédicateur franciscain GIOVANNI MARTINI. C'est une secte politico-religieuse qui prend naissance et dont la devise est un système de totale communauté, et qui a le plus grand mépris à l'égard de l'Eglise officielle et de sa hiérarchie. Ils se réunissent, à leur début dans l'église San Ghjuvanni de Carbini. Les frères PAULU et ARRIGU di TADDA fils bâtards de GUGLIELMINUCCIU di TADDA en sont les chefs séculiers.
GUGLIELMU SCHIMAGADELLA, dit l'Ecumeur des ravins, brigand, sévit dans toute la Corse.
FRANCESCO (FRANCESCUS) de QUESSO est évêque d'Accia. Il remplace NICOLAO (voir 1344).
FILIPPO (FILIPPUS), de Ursone, est évêque d'Aiacciu. Il remplace BERNARDO (voir 1345).

1349:

La Corse est à nouveau ravagée par la peste noire.

1350:

Forcée de transiger avec ses ennemis (Grecs, Vénitiens, Aragonais), Gênes tente de les diviser, et, pour empêcher les étrangers de se plaindre, rappelle de Corse la plupart de ses soldats s'y trouvant encore.
Mort du doge de Gênes GIOVANNI da MURTA.

1351:

24 Septembre: PIERRE IV d'Aragon écrit au pape CLEMENT VI (1342,1352) pour s'excuser de n'avoir pas réglé le tribut dû pour la possession de la Corse.
FILIPPO (FILIPPUS) est nommé évêque d'Accia. Il remplace FRANCESCO de QUESSO (voir 1348). VINCENTE (VINCENTIUS) de TASSONI lui succède immédiatement.
VINCENTE (VINCENTIUS), de Sassaro, est évêque d'Aiacciu. Il remplace FILIPPO (voir 1348).
JACOPO est évêque de Mariana. Il succède à BONAVENTURA BENVENUTI (voir 1343).

1352:

Sur l'initiative d'un Corse dénommé RISTORU, et avec l'autorisation de deux membres du Tiers Ordre, qui habitent Marseille, les Giovannali s'installent à Carbini (voir 1348).
DOMINICO di CAMPOCASSO est évêque de Mariana. Il succède à JACOPO (voir 1351).
GUALTERIUS est évêque de Sagone. Il succède à BERNARDUS (voir 1343).

1353:

24 Avril: Le nouveau pape INNOCENT VI (1352,1362) rappelle avec vigueur au Roi d'Aragon sa dette envers le Saint-Siège, concernant la Corse.
5 Octobre: PIERRE IV d'Aragon règle la redevance et reçoit la sixième investiture que les papes, depuis BONIFACE VIII, accordent aux Rois d'Aragon pour la Corse.
A Alisgiani, le moine franciscain VITALU, de Bonicardu, défenseur de la foi chrétienne, est assassiné par les Giovannali, ainsi qu'un autre moine. Il sera béatifié par Rome, comme martyr.
JOANNES de CASTELLO est évêque de Mariana. Il succède à DOMINICO di CAMPOCASSO (voir 1352).

1354:

16 Juin: Les Giovannali sont excommuniés par RAIMONDO (RAIMONDUS), l'évêque d'Aleria. Ils sont aussitôt absous par l'archevêque de Pise. Le pape INNOCENT VI confirme l'excommunication.
Qualifiés officiellement d'hérétiques, les Giovannali sont pourchassés et une croisade militaire s'organise contre eux. Ils se retranchent à Alisgiani.

1355:

Avec l'affaire des Giovannali, il règne en Corse une extrême confusion sociale, politique et religieuse.
GUGLIELMU della ROCCA rompt l'alliance avec Gênes et se rallie à PIERRE IV d'Aragon. Il s'empare de la totalité de l'Ile au nom de celui-ci.

1356:

Calvi prête le serment de Semper Fidelis (Toujours fidèle) à Gênes.
Mort de GUGLIELMU della ROCCA lors d'une bataille avec GUELFUCCIU d'ISTRIA, pour la récupération des terres de celui-ci dont le père, SALNESE, avait été privé (voir 1340).
ARRIGU della ROCCA, fils de GUGLIELMU, retenu en otage à Gênes (voir 1340) et emprisonné à la suite du ralliement de son père à Aragon (voir 1355), rentre en Corse pour reconquérir la Cinarca dont il est l'héritier légitime.
SIMONE BOCCANEGRA est à nouveau Doge de Gênes.

1357:

Les Génois reprennent les positions qu'ils tenaient avant la guerre, et occupent les forteresses pouvant surveiller tout débarquement aragonais, dont celle de Baraci, près d'Ulmetu.

1358:

Les paysans de la Terra di U Cumunu (voir 1345) en ont assez de ces guerres permanentes et ils veulent se défendre contre l'arbitraire des seigneurs féodaux qui les oppriment. Ils tiennent une Cunsultà à Merusaglia, où ils élisent pour chef SAMBUCUCCIU d'ALANDU, originaire de la piève du Boziu (juridiction de Corti), et il prennent les armes contre les seigneurs du Capicorsu, et du Dilà.
A Pinu, les pêcheurs du village se révoltent et attaquent le hameau de Barbalinca, où vivent les seigneurs. Le hameau est détruit, et les habitants tués.
Le nouveau gouvernement populaire de Gênes soutient cette révolte. Les hommes de SAMBUCUCCIU d'ALANDU, encadrés par quelques seigneurs (de Mariana, des Cortinchi, FRANCESCHINU d'EVISA, DEUDATU di CASTA, entre autres) et par les troupes du diplomate génois LEONARDO da MONTALDO, se rendent maître de l'Ile en quelques mois. Tous les châteaux forts sont détruits sauf ceux de Calvi et Bunifaziu, parce qu'ils sont aux mains des Génois, ceux de Biguglia et Cinarca, pour y tenir les conseils de justice, et ceux de Nonza et San Columbanu (dans le Capicorsu) pour assurer la protection du commerce maritime avec l'Italie: c'est le Tempu di U Cumunu et de la Terra di U Cumunu, qui cette fois concerne presque toute l'Ile (voir 1345).
30 Septembre: LEONARDO da MONTALDO est chargé par Gênes de ramener à la République les communes ralliées au Royaume d'Aragon.
Un acte de soumission volontaire est conclu entre la nouvelle Terra di U Cumunu et Gênes.
Octobre: Après avoir obtenu l'accord du Saint-siège, les Génois s'allient au parti populaire de SAMBUCUCCIU d'ALANDU.
12 Octobre: Fin de la mission de LEONARDO da MONTALDO. Ce dernier rentre à Gênes.
JULIANUS est nommé évêque du Nebbiu. Il succède à RAPHAELLO SPINOLA (voir 1332).
Promulgation des actes (Statuti) de laCorse à Calvi puis à Gênes. Dans ces actes, il est prévu que Gênes envoie sur l'Ile un gouverneur, et son vicaire (pour rendre la justice), lequel gouverneur est assisté d'un Conseil des Six, entièrement composé de Corses, dont il doit obtenir l'accord préalablement à toute décision importante. Il y est également prévu que les Corses ne paient à Gênes qu'une taille annuelle de 20 sous par feu, à l'exclusion de tout autre impôt direct ou de toute autre réquisition.
Les Génois divisent l'Ile en 66 communautés territoriales (les pièves) , qui s'administrent elles-mêmes.
A Bunifaziu, les Génois promulguent une loi interdisant le port de toutes armes aux habitants.
Dans un acte rédigé à Furiani, le moine BENEDICTUS BONAVITE, procureur général de La Gorgona en Corse, donne à bail pour neuf ans à BUONU, fils de OPIZZU di FURIANI, et à PAGNIUCCIU, fils de ASINUCCIU di CHEBBIA, une propriété dénommée Isula di San Damianu, dans l'étang de Chjurlinu, moyennant un loyer annuel de trois livres de Gênes.

1360:

Quatre ambassadeurs, dont SAMBUCUCCIU d'ALANDU, sont envoyés à Gênes pour sceller l'union, approuvée par le pape et le Roi d'Aragon, entre Gênes et la Corse.
La République de Gênes envoie comme Premier Gouverneur de la Corse le frère du Doge, GIOVANNI BOCCANEGRA.
Le pape INNOCENT VI envoie un internonce au Doge SIMONE BOCCANEGRA, pour recevoir de Gênes, le serment de fidélité et le tribut concernant la Corse.
JOANNES est nommé évêque d'Aleria. Il succède à RAIMONDO (voir 1354).

1361:

GIOVANNI BOCCANEGRA rentre à Gênes où son frère, le Doge, est en péril. SAMBUCUCCIU d'ALANDU se retrouve seul pour affronter les querelles entre seigneurs. Il se rend à Gênes pour demander de l'aide.
TRIDANO della TORRE est nommé gouverneur de la Corse.

1362:

TRIDANO della TORRE est le deuxième gouverneur génois envoyé en Corse. Avec son capitaine FILIPPO SCAGLIA, il combat et défait ARRIGU della ROCCA.
Le pape URBAIN V (1362,1370) confirme à PIERRE IV d'Aragon l'investiture de l'Ile en échange de la renonciation à toute visée sur Bunifaziu. Il organise une croisade contre les Giovannali. Attaqués d'abord dans la place d'Alisgiani (voir 1354) par une forte expédition conduite par un légat pontifical et composée en partie de Corses, la plupart d'entre eux seront ensuite impitoyablement massacrés.
BLASIO (BLASIUS) est nommé évêque d'Aleria. Il succède à JOANNES (voir 1360).
PIETRO (PETRUS) est nommé évêque du Nebbiu. Il succède à JULIANUS (voir 1358).

1363:

TRIDANO della TORRE occupe toutes les terres de Cinarca et contraint ARRIGU della ROCCA à l'exil. Ce dernier rejoint en Espagne PIERRE IV d'Aragon.
TRIDANO della TORRE gouverne la Corse avec SAMBUCUCCIU d'ALANDU, les Capipopuli ou Caporali de la Terra di U Cumunu et les seigneurs qui collaborent avec Gênes. La Corse est divisée en deux grandes régions administratives, la région du Nord (chef lieu Biguglia) et la région du Sud (chef lieu Cinarca).
Le gouverneur TRIDANO della TORRE fait de Biguglia, la capitale de la Corse.
Mort de SIMONE BOCCANEGRA, le Doge de Gênes.
IERONIMU, de Loretu di Casinca, est évêque d'Aiacciu. Il remplace VINCENTE (voir 1351).
RAPHAEL est nommé évêque du Nebbiu. Il succède à PIETRO (PETRUS) (voir 1362).

1364:

3 Mars: URBAIN V réclame au Roi d'Aragon la redevance pour la possession de l'Ile.
PIETRO (PETRUS) est évêque de Mariana. Il succède à JOANNES de CASTELLO (voir 1353).

1365:

Dans la piève de Rogna, juridiction de Corti, un différent entre les familles Ristagnacci (de Casta) et Cagionacci (d'Altiani) dégénère et entraîne un conflit qui met l'unité de la Corse en péril. TRIDANO della TORRE intervient, plutôt en faveur des Ristagnacci.

1366:

Le gouverneur TRIDANO della TORRE s'empare du château de Nonza, propriété d'un cousin des da Mare, un Avogari, LUCCHINO de GENTILE. Une conspiration des seigneurs génois du Capicorsu contre le gouverneur génois va se fomenter: BABIANO da MARE, BARTOLOMEO de GENTILE et les Avogari de Nonza, de Brandu, de Canari, et GIRULAMU di FRASSU en font partie. La Corse est à nouveau à feu et à sang. Des seigneurs hostiles à Gênes se révoltent contre SAMBUCUCCIU d'ALANDU et les Capipopuli di U Cumunu. FRANCESCHINU d'EVISA, et DEUDATU di CASTA, enrayent cette révolte et SAMBUCUCCIU d'ALANDU conserve la direction éphémère de l'Ile. Mais c'est la fin du Tempu di U Cumunu.
27 Avril: GIRULAMU di FRASSU, le chef de la conjuration (qui a échoué) contre TRIDANO della TORRE, est arrêté, et supplicié à Nonza.
SALVINIUS, du Nebbiu, est nommé évêque d'Aleria. Il succède à BLASIO (voir 1362).
NICOLAO (NICOLAUS) est évêque de Mariana. Il succède à PIETRO (PETRUS) (voir 1364).

1367:

A A Venzulà, mort du gouverneur de la Corse TRIDANO della TORRE lors d'une intervention dans le conflit de la piève de Rogna, près de Corti. Il est poignardé par un membre de la famille Cagionacci (voir 1365). GIOVANNI da MAGNERA le remplace.

1368:

13 Août: URBAIN V, dans une bulle, trace de la vie religieuse en Corse un très sombre tableau, et décrète une visite canonique qui aura pour but la réforme des abus signalés (hérétiques, Giovannali...).
Le vicaire général de l'évêque du Nebbiu ordonne au recteur des églises de San Marcellu et de San Leonardu di Patrimoniu de cesser de recueillir les dîmes des églises appartenant au monastère de La Gorgona.

1369:

GIOVANNI da MAGNERA, le gouverneur de l'Ile, s'attaque à la famille Cagionacci.
Craignant de nouveaux troubles, les Capipopuli demandent à Gênes de remplacer d'urgence GIOVANNI da MAGNERA.
10 Novembre: URBAIN V, informé que la Corse manque de lieux de culte, autorise un maître d'œuvre pisan, DONATO da MONTEFOSVOLI à s'y rendre, assisté d'un convers (religieux).
Les Cathares sont signalés en Corse; ils sont poursuivis, sans succès, par des missions franciscaines dirigées par MONDINO di BOLOGNA.
GABRIELE da MONTALCINO est évêque d'Aiacciu sous le nom de SIMON. Il succède à IERONIMU (voir 1363).

1370:

Toujours concernant le conflit entre les Ristagnacci et les Cagionacci, deux gouverneurs sont envoyés, par Gênes, en avocats de l'une et l'autre partie: LEONELLO LOMELLINO pour les Ristagnacci et LUIGI (ou LUDOVICO) TORTORINO pour les Cagionacci. Tous deux ont pour mission impérieuse de rétablir l'ordre).
Nouvelle épidémie de peste: Mort présumée de SAMBUCUCCIU d'ALANDU.
La peste emporte BABIANO da MARE; son fils COLOMBANO lui succède. Il est bientôt assiégé dans son château de San Columbanu par PAGANELLU di U VISCUVATU.
Peinture des fresques de l'église San Mighele di Muratu.

1371:

Les troubles politiques, religieux et sociaux, les endémies, la guerre, la misère, la famine aussi, désolent la Corse.
Premiers actes écrits sur le Cartulaire de Bunifaziu (voir 1195).
MARTINO (MARTINUS) est évêque d'Accia.

1372:

14 Mai: Le pape GREGOIRE XI (1370,1378) nomme RAIMONDO évêque de Mariana (il succède à NICOLAO (NICOLAUS), voir 1366), et donne à GABRIELE da MONTALCINO, l'évêque d'Aiacciu (SIMON), le titre d'Inquisiteurs.
ARRIGU della ROCCA et son cousin CALCAGNU rentrent d'exil, armés par le Roi d'Aragon (voir 1363). Ils débarquent à Ulmetu et se renforcent dans l'Ile. Ils prennent le parti des Cagionacci. Ils enlèvent Cinarca, prennent Biguglia, Nonza, Brandu.
ARRIGU della ROCCA fait assassiner FRANCESCHINU d'EVISA, le podestat 3 pièves d'Ornanu, Talavu et Coti.
Les gouverneurs génois, LEONELLO LOMELLINO et LUIGI TORTORINO renoncent à régler le conflit entre Ristagnacci et Cagionacci, et rentrent à Gênes.
Nouvelle épidémie de peste en Corse où la mortalité est effroyable.

1373:

ARRIGU della ROCCA est maître de l'Ile. Seules Calvi, Bunifaziu et San Columbanu échappent à son autorité, restant toujours fidèles à Gênes.
Devant le désordre insulaire le pape GREGOIRE XI dissout les Bénédictins de La Gorgona et transfère tous leurs biens corses à l'Ordre des Chartreux.
5 Septembre: Le pape GREGOIRE XI autorise les Franciscains à construire en Corse, quatre couvents dans le voisinage des hérétiques.

1374:

28 Juin: Gênes renouvelle ses privilèges à Calvi et renonce à affronter ARRIGU della ROCCA.
Deux Capipopuli, DEUDATU di CASTA et GIACOMO de GENTILE, Avogari de Brandu, organisent la rébellion contre ARRIGU della ROCCA, aidés en secret par Gênes.

1375:

12 Juin: Le nouveau gouverneur est AARON de STRUPPA. Il reçoit des ordres qui lui permettent d'infliger peines et amendes à tout fauteur de troubles, y compris aux Génois, da Mare et Avogari.
Mort de ARRIGU SAVELLI, Comte de Balagna; son fils MANNONE devient seigneur des Castelli de Guidu et de Curbara (voir 1292).
ARRIGU della ROCCA fait raser le château della Moneta, à Villanova.

1376:

ARRIGU della ROCCA est obligé de se retirer à Corti, où le combat continue. La mort de GIACOMO de GENTILE, Avogari de Brandu, dans la bataille de Bistugliu, lui donne la victoire. Gênes, trop occupée par sa guerre contre Chypre et Venise et par de perpétuelles querelles internes, délaisse alors la rébellion, et ARRIGU della ROCCA en profite pour rester le maître de la Corse. A Biguglia, ARRIGU della ROCCA se fait proclamer Comte de Corse, Conte di Corsica.

1377:

2 Août: Le Roi d'Aragon, PIERRE IV, fait d'ARRIGU della ROCCA son lieutenant général en Corse, et met à sa disposition troupes et navires basés en Sardaigne.
GREGOIRE XI, déplorant une recrudescence du mouvement hérétique, charge le général des Franciscains de nommer un nouvel inquisiteur en Corse. Celui-ci serait FRANCESCO BONNACORSI.

1378:

Gênes, ne pouvant assurer l'effort d'une guerre contre ARRIGU della ROCCA et PIERRE IV d'Aragon, confie ses intérêts en Corse, exception faite de Calvi, de Bunifaziu et du Capicorsu, à une société commerciale financière et privée, la Maona (voir 1347).
27 Août: Cette Maona est fondée par cinq (ou six) personnalités génoises: LEONELLO LOMELLINO, GIOVANNI da MAGNERA, LUIGI (ou LUDOVICO) TORTORINO, ANDREOLO FICONE (ou FRUGONE), PELEGRO IMPERIALE et CRISTOFORO MARUFFO. Les actionnaires s'engagent solennellement devant le doge et le Conseil des Anciens, moyennant une redevance symbolique (un cheval) à dépenser, pendant trois ans, une somme de 40000 milles Florins, pour pacifier la Corse toute entière, à l'exception de Calvi, de Bunifaziu et du Capicorsu des da Mare et des Avogari, l'Etat génois fournissant les moyens militaires (galères) et abandonnant ses droits sur le sel, le fer et le commerce en général.
Les actionnaires de la Maona débarquent en Corse avec le titre de gouverneurs. Ils amènent avec eux 1000 soldats.
Avec l'aide des ennemis d'ARRIGU della ROCCA, Nonza est repris et rendu à LUCCHINO de GENTILE, seigneur du lieu, de Brandu et de Canari, issu des Avogari, mais maintenant entré dans la branche des de Gentile de Gênes.
Actes inscrits sur le deuxième cartulaire de Bunifaziu.
Les Avogari, LUCCHINO, FRANCESCO, TOMASSINO et GIOVANNI de GENTILE, seigneurs génois du Capicorsu, adaptent les statuts des da Mare qui fixent l'entretien et l'abri des escales, etc. (voir 1348).
LEONELLO LOMELLINO fait construire U Borgu et commence les travaux du fort de Bastia; il devient ainsi le fondateur de la cité bastiaise (en tant que place forte).

1379:

Les troupes de la Maona reprennent Ferringule, Biguglia et Corti; elles assiègent ARRIGU della ROCCA à Poghju di Nazza.
Après plusieurs mois de siège, ARRIGU della ROCCA accepte d'être actionnaire de la Maona et se retire à Bariccini, près de Sarté. La Maona prend la Cinarca, en chasse CALCAGNU della ROCCA, et crée trois vicariats qu'elle confie à GUELFUCCIU d'ORNANU, NICULAIU d'ORNANU et GUELFUCCIU d'ISTRIA, tous ennemis d'ARRIGU della ROCCA.
Construction de la première citadelle d'Aiacciu.

1380:

Les vicaires de Cinarca et la Maona ne s'entendent pas. Les trois vicaires (voir 1379) s'allient alors avec ARRIGU della ROCCA. Les gouverneurs de la Maona sont contraints de rentrer à Gênes. ARRIGU della ROCCA fait ainsi triompher la cause du Roi d'Aragon (dont il prend les armoiries). La Corse, dans sa quasi-totalité, lui obéit, hormis les Leca, à Vicu, les seigneurs du Capicorsu, indépendants mais féaux de Gênes, et les cités de Bunifaziu et Calvi, toujours fidèles à la République de Gênes.
Gênes nomme un nouveau gouverneur en Corse, PAOLO di CROVARA (ou della CORVANA ou della ROVERE), pour administrer les territoires qui lui restent fidèles.
Malgré une tentative de récupération (intervention des troupes génoises sous les ordres de CRISTOFORO MARUFFO), c'est la fin du pouvoir de la société d'affermage génoise en Corse: La Maona n'existe plus dans l'Ile.
LEONELLO LOMELLINO, ancien de la Maona, succède à PAOLO di CROVARA comme gouverneur de la Corse. En guerre contre ARRIGU della ROCCA, il est obligé de fuir Aleria, où il s'est installé, et il doit se réfugier à Biguglia, qu'il renforce.
ARRIGU della ROCCA attaque Bunifaziu par terre et par mer.
Naissance de VINCENTELLU d'ISTRIA, fils de GUELFUCCIU d'ISTRIA et d'une sœur d'ARRIGU della ROCCA.
Mort de GUELFUCCIU d'ORNANU.

1381:

Discorde chez les alliés d'ARRIGU della ROCCA, obligeant celui-ci à abandonner le siège de Bunifaziu.
Mort de RINUCCIU CORTINCU, féal de Gênes, et lieutenant du gouverneur. Il est remplacé à ce poste par son frère CAPONIELLU.
Le Génois MATTEO MARUFFO détruit une flotte vénitienne qui croise devant Bastia.
La peste fait rage à nouveau en Corse.
Visite en Corse de l'abbé GABRIELE, du monastère de San Venerio del Tino.

1382:

Dernières requêtes notées sur le Libro Rosso (sorte de cahier de doléances) de Calvi.

1383:

Fondation de la citadelle de Bastia par le gouverneur LEONELLO LOMELLINO: il fait élever, au lieu dit Portu Cardu, une tour fortifiée, une bastide, la Bastie (voir 1380).
LEONARDO da MONTALDO est le nouveau Doge de Gênes.

1385:

Naissance présumée, à Bunifaziu, de JACOPO de BRACELLI (JACOBUS BRACELLUS), futur historien, auteur, de De Bello Hispaniensis et de Libellus de Bello Hispano, qui retracent la guerre entre Gênes et Aragon.
Les Anciens de la Commune de Pise prescrivent au podestat de Piombino d'afficher l'avis qu'il est dangereux d'aller en Corse: on y risque de perdre son bateau, les marchandises et même la vie...

1386:

LOMBARDINU CORSU est militaire dans la compagnie française d'ETIENNE SAUVAIGE, à Saint Jean d'Angely.
Une noble génoise offre des peintures pour la chapelle de Santa Maria di e Neve, à Brandu.
Le prêtre VINCENTIUS di CAGHJA est nommé chapelain de Santa Lucia di A Venzulà en échange d'un cens annuel de 25 florins d'or. Il est en même temps nommé procureur, en Corse, de l'abbaye de La Gorgona.
MICHAEL est évêque d'Accia. Il remplace VINCENTE de TASSONI (voir 1351).
THOMAS est nommé évêque du Nebbiu.

1387:

Des arbalétriers corses s'illustrent sur les champs de bataille de la Guerre de Cent ans.
Donation effectuée au patrimoine de l'église insulaire par CRESCIONE di LURI, qui devient convers et oblat de la Chartreuse de La Gorgona.

1388:

11 ou 12 Décembre: Naissance, à La Grossa, près de Sarté, de GHJUVANNI della GROSSA, futur historien de la Corse, auteur des célèbres E Croniche.
Reconstruction, à Luri, du château des Motti.
Le Roi d'Aragon, JEAN 1er (1387,1395), nomme XIMENEZ PEREZ de ARENOS gouverneur général de la Corse.
Mort de COLOMBANO da MARE (voir 1370). Ses fils URBINO et SIMONE, se partagent les terres de Ruglianu avec GIOVANNI da MARE, neveu de COLOMBANO, qui reçoit également le château des Motti, et doivent laisser aux héritiers de CRESCIONE da MARE (voir 1348) les terres de Centuri.
La famille de Bagnaja offre aux Chartreux de La Gorgona une maison et un hôpital sis à Biguglia.
RAIMONDO de PIACENZA est évêque d'Accia. Il remplace MICHAEL (voir 1386).
GHJUVANNI (JOHANNES) d'OMESSA est évêque de Mariana. Il succède à RAIMONDO (voir 1372).

1390:

Construction du couvent franciscain d'Oletta.
Devant la montée de la menace aragonaise, le gouverneur LEONELLO LOMELLINO prend à bail pour neuf ans une partie des domaines corses des Chartreux de Pise (voir 1373) afin d'y substituer l'influence génoise, alors que le procureur général de La Gorgona en Corse n'est autre qu'un Génois, TOMUCCIO della BETTOLACCE (ou GREGORIUS MANNI).

1391:

STEFANU di PRUNELLI, observant vicaire de Corse, est martyrisé à Jérusalem.
8 Août: CORRADO di CROVARA (ou CORVANA ou ROVERE) est nommé gouverneur de la Corse, en remplacement de LEONELLO LOMELLINO. Il prend parti pour les Ristagnacci, dans la querelle de la piève de Rogna (voir 1365); il s'oppose ainsi à POLINU di CAMPUCASSU, allié de ARRIGU della ROCCA, qui, lui, soutient les Cagionacci. Ce conflit amène Gênes à remplacer CORRADO di CROVARA, trop engagé, par GIOVANBATTISTA ZOAGLIA, frère du Doge NICOLO ZOAGLIA).
GIOVANBATTISTA ZOAGLIA, avec l'aide d'une troupe de jeunes Corses levée dans la Terra di U Cumunu, bat ARRIGU della ROCCA, qui s'enfuit en Espagne pour demander aide et assistance au Roi d'Aragon JEAN 1er.
JEAN 1er nomme ARRIGU della ROCCA Vice-Roi de Corse et lui confie deux galères chargées de troupes catalanes. Il débarque à E Porraghje, où il est accueilli par ses partisans et les Cagionacci; il prend Biguglia, où il fait prisonnier GIOVANBATTISTA ZOAGLIA, et reconquiert la presque totalité de l'Ile, dont il redevient le maître.
PIETRO GUASCONO est nommé évêque de Sagone.

1392:

PIETRO (PETRUS) est nommé évêque du Nebbiu. Il succède à THOMAS (voir 1386).

1393:

Le nouveau gouverneur génois de la Corse est TOMASO PANZANO.

1394:

Capitulation d'Aiacciu, tenue par les Génois. Le gouverneur GIOVANBATTISTA ZOAGLIA, libéré entre temps, et qui s'y est réfugié, est à nouveau capturé par ARRIGU della ROCCA.

1395:

Seuls, Bunifaziu et Calvi et le Capicorsu, avec les Avogari et les da Mare, restent fidèles à Gênes.
TOMASO PANZANO, nouveau gouverneur envoyé par Gênes, tente vainement une action contre ARRIGU della ROCCA.
3 Août: Le pape BONIFACE IX (1389,1404) envoie en Corse FRANCESCO BONNACORSI, inquisiteur franciscain et nonce apostolique, pour enquêter sur certaines pratiques religieuses douteuses, sinon dissidentes: hérétiques, Cathares, et autres Giovannali...

1396:

4 Novembre: Ruinée par tous ses problèmes internes, Gênes se place sous la suzeraineté du Roi de France CHARLES VI le Bien Aimé (1380,1422).

1397:

MARTIN 1er le Jeune, le Roi de Sicile, est en Corse. Il reçoit personnellement les seigneurs de Cinarca, les frères VINCENTELLU et GHJUVANNI d'ISTRIA, et ceux de La Rocca, à qui il offre des fiefs en Sardaigne. Il laisse un haut fonctionnaire, ROGER de MONCADA, auprès d'ARRIGU della ROCCA, à qui il apporte son soutien.

1398:

Gênes nomme en Corse un nouveau gouverneur, RAFFAELLO da MONTALDO en remplacement de TOMASO PANZANO. Ce Génois est allié à une puissante famille d'Omessa, qui comptera deux évêques: celui de Mariana et celui d'Aleria.
Avec l'aide de nombreux Capipopuli, RAFFAELLO da MONTALDO chasse ARRIGU della ROCCA, qui se replie en Cinarca.

1399:

FRANCESCO BONACCORSI est évêque d'Accia. Il remplace RAIMONDO de PIACENZA (voir 1388).

1400:

A Vizzavona (ou à Palmentu), mort d'ARRIGU della ROCCA, par suite de maux d'estomac (dus sans doute à un empoisonnement).