Les Poilus corses de 14-18

Orsu Ghjuvanni Caporossi

Cronica di A CORSICA







Réalisé avec l'aide du site du Ministère de la Défense http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
du site des Archives Départementales de la Corse-du-Sud http://www1.arkhenum.fr/ad_corsedusud_matricules/_app/index.php#"
du site http://www.memorialgenweb.org/

et de l'ouvrage Du deuil à la mémoire, les monuments aux morts de la Corse (Guerre de 1914-1918) de Georges RAVIS-GIORDANI et Jean-Paul PELLEGRINETTI (Editions Albiana, 2011)

Voir également le site Monuments aux Morts Corses de Mathieu NIVAGGIONI
.

Mes remerciements vont également aux Mairies de Corse et aux Internautes qui ont bien voulu m'apporter leur précieux concours.





La chanson U 173 (musique et paroles de Ghjuvan Paulu Poletti), est interprétée par Antoine Ciosi





La mention " Mort pour la France " est accordée, suivant certaines conditions, en vertu des articles L 488 à L 492bis du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre.

Aux Lecteurs,
A toutes les erreurs accordez l'indulgence...
Il n'est de gros vaisseau qui à la mer ne danse;
Ni de pensée qui ne varie,
Ni de sage au monde qui ne faillit.

Ces 11403 Poilus (et civils), Corses de sang ou de sol, sont morts durant la Première Guerre Mondiale (*)

(*) Reconnus "Mort pour la France" et/ou figurant sur un Monument aux Morts en Corse. Si l'on rajoute les 139 qui ne répondent pas à ces 2 critères (voir la liste dans les Statistiques détaillées) on obtient un total de 11542 tués.




Vous avez quitté vos champs et vos montagnes,
Vos humbles toits d'ardoise, vos paisibles troupeaux,
Pour abattre l'orgueil de l'Altière Allemagne,
Sous votre fier drapeau.
Souvent votre pensée, franchissant les espaces,
Revoyait la maison où, pour vous, chaque jour,
Les votres, au Bon Dieu, demandaient une grâce:
Hâter votre retour.
Comme les lourds épis d'une tendre moisson,
Vous vous êtes couchés, vaincus par la souffrance,
Et votre jeune sang a creusé les sillons
D'où renait notre France.
Que de pleurs ont coulé dans nos humbles villages
Sur vous, nos chers absents qui ne reviendrez plus,
Sur votre place vide, où votre cher visage
Ne nous sourira plus.
(Jeanne Campana. Tagliu Isulaccia).

Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.
À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.
(John McCrae 1872-1917).

A mes Frères inconnus
J’écris ces mots pour vous, vous mes frères inconnus
Morts au cours de Verdun ou contre les nazis
Pour vous qui êtes tombés dans ces contrées perdues
Là-bas en Indochine ou bien en Algérie
Pour vous qui avez laissé vos femmes et vos champs
Pour défendre un pays que vous ne connaissiez pas
Pour vous qui êtes parti l’âme et le cœur content
Pour ce qui fut hélas votre dernier combat
Seriez-vous morts pour rien courageux insulaires
Vous qui avez répondu à l’appel des grands
Vous qui êtes parti pour défendre une terre
Qui ne semble plus être celle de vos enfants ?
Vous errez maintenant pauvres âmes vagabondes
Sur d’infâmes déserts sur des marais pourris
Combien de fois avez-vous parcouru le monde
Pauvres âmes torturées revenez au pays
Revenez donc chez vous, chez nous dans vos villages
Sur tous nos monuments vos noms y sont gravés
Et si parfois certains parlent de vous avec rage
C’est parce qu’ils n’ont jamais cessé de vous aimer.
(J.P Innocenzi-1992)

" On oubliera.
Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont.
L'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le cœur consolé de ceux qu'il aimait tant.
Et tous les morts mourront pour la deuxième fois. "
(Roland Dorgelès)


Ne les oublions pas !

11403 insulaires sont décédés durant la première Guerre Mondiale (11542 si l'on rajoute les 139 morts recensés qui ne sont ni reconnus Morts pour la France ni inscrits sur un Monument aux Morts en Corse). 10020 sont officiellement reconnus Morts pour la France (soit 87,87%) et 10799 ont leur nom inscrit sur un Monument aux Morts en Corse (soit 94,70%). Parmi ces derniers 1383 ne seraient pas reconnus Morts pour la France (soit 12,81%). 343 fiches, soit 3,01%, ne disposent d'aucun renseignement d'identité hormis le patronyme. Il est à noter que 604 Poilus reconnus Morts pour la France ne sont pas cités sur un Monument aux Morts en Corse, soit 6,06%. 10282 Poilus sont nés en Corse, 777 sont nés hors de Corse, et 344 n'ont pas de lieu de naissance connus.
La commune ayant enregistré le maximum de perte est celle de Bastia, avec 508 morts, U Poghju Marinaccia, Fughjichja et San Gavinu di Fiumorbu ne comptant qu'un seul décès chacune. Le plus jeune décédé est né en 1901, le plus âgé (un civil victime du torpillage du vapeur Balkan) en 1836.
Militairement, ils se répartissent en 8148 hommes de troupe (soldats, brigadiers et caporaux) dont 314 marins et quartiers-maîtres, 1957 sous-officiers (de sergent à adjudant-major, dont 23 officiers mariniers) et 971 officiers (d'aspirant à colonel), dont 28 médecins et pharmaciens, et 12 officiers d'administration. On compte également 94 civils (la plupart décédés lors du naufrage du Balkan), 41 gendarmes et 99 inscrits maritimes. 93 ne sont pas identifiés.
5841 sont morts au combat (tués à l'ennemi), 696 ont disparu sur le champ de bataille, 26 sont morts gazés (ou des suites des effets des gaz), 1837 ont succombé des suites de leurs blessures, 539 sont décédé ou ont disparu en mer (dont 302, la plupart des permissionnaires (207, dont 127 disparus) et 94 civils et membres de l'équipage, dont les noms figurent sur un Monument aux Morts), lors du torpillage du vapeur Balkan, au large de Calvi, en 1918). 1020 sont morts des suites de maladies contractées en service (ou en captivité), 314 de maladies non contractées (ou aggravées) en service, 103 en captivité en Allemagne, 77 d'accidents en service commandé, 40 accidentellement hors service ou dans diverses autres causes indépendantes de la guerre, 11 lors de combats aériens. Enfin, 19 d'entre eux se sont suicidés et 7 ont été fusillés pour l'exemple suite à de diverses mutineries collectives ou individuelles (6 seulement figurent sur un Monument aux Morts). 873 sont morts de cause inconnue, indéterminée ou des suites de la guerre.
1376 (soit 12,07%) faisaient partie du 173ème Régiment d'Infanterie (Le régiment des Corses), dont 259 du 373ème, qui était le régiment de réserve du 173ème .
2495 sont morts dès les premiers mois de la guerre, d'Août à Décembre 1914, et 2779 lors de l'année 1915, 18564 en 1916, 1240 en 1917 et 1962 en 1918. 250 sont morts en 1919, et, au moins 349 sont décédés (reconnus Morts pour la France et/ou ont leur nom gravé sur un Monument) après 1919, des suites de maladies, de leur captivité, de leurs blessures ou des effets dûs aux gaz de combat, et 472 n'ont pas de date de décès connue.
Enfin, la plupart d'entre eux (plus de 7511) sont morts dans les départements de l'Est et du Nord de la France (Aisne (805), Ardennes (94), Aube (15), Bas-Rhin (13), Haut-Rhin (250), Marne (1534), Meurthe-et-Moselle (468), Meuse (2177), Moselle (294), Nord (32), Oise (273), Pas-de-Calais (385), Somme (881), Vosges (254)...), les autres se répartissant entre les divers hôpitaux de France, en Allemagne (122), ou sur les fronts de Belgique (408), de Turquie, notammant dans les Dardanelles (209), de Grèce (99)... ou d'ailleurs... 380 sont décédés hors du front (maladie ou accident en permission, homicide, suicide, fusillé, ou autre...). A noter que 563 Poilus se sont éteints en Corse (soit dans les hôpitaux insulaires (Aiacciu, Bastia, Bunifaziu, Calvi ou Corti), soit dans leur foyer).
Le lieu de décès de 640 Poilus n'est pas localisé.





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